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RFI: Tchernobyl, enfin confiné

Reportage diffusé sur RFI, le 30/11/2016

L’ambiance était festive hier 29 novembre… à Tchernobyl. Plusieurs centaines de hauts dignitaires s’étaient rassemblés au pied du réacteur numéro 4 de la centrale. Celui qui avait explosé, le 26 avril 1986, et provoqué la pire catastrophe nucléaire de l’histoire. Elle est maintenant recouverte d’un nouveau dôme de confinement géant. 

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Tchernobyl a disparu. Le réacteur numéro 4 de l’ancienne centrale Lénine, qui a fait trembler le monde depuis son explosion, le 26 avril 1986, n’est plus visible. Il est aujourd’hui recouvert par une nouvelle enceinte de confinement géante. Cette arche, de son nom officiel, est une prouesse technique. Tristan Loiseau est un jeune ingénieur français du consortium Novarka, qui rassemble les sociétés Vinci et Bouygues, chargé du projet.

Tristan Loiseau: Pour nous tous ici, c’est un accomplissement. Ca a été des heures de travail, de sueur. Mais… l’arche de Tchernobyl est sur son réacteur, ça fait déjà plaisir. Il y a une dimension historique, forcément. On vient mettre un pansement sur le sujet Tchernobyl.

L’arche de Tchernobyl est un projet hors norme: la structure de 36.000 tonnes, pourrait recouvrir Notre Dame de Paris. Le budget de cette arche est aussi remarquable: il était estimé à l’origine à 432 millions d’euros mais le cout réel s’élève aujourd’hui à un milliard et demie. Ils sont financés par plus de 40 pays et organisations internationales.

Pierre Duprat est le directeur de communication de Vinci. Il explique l’explosion des coûts par des difficultés techniques considérables. Selon lui, le budget est tout à fait justifié.

Pierre Duprat: La sécurité dans le domaine du nucléaire n’a pas de prix. Cette arche était nécessaire, elle n’est pas trop onéreuse, elle est absolument parfaite, elle est prévue pour confiner le problème pendant 100 ans. Elle est aussi prévue pour héberger du matériel qui servira à démanteler. Donc c’est une arche qui est très sophistiquée mais qui était totalement indispensable pour qu’un jour, on espère en avoir fini avec le problème de Tchernobyl. 

L’arche vient recouvrir le premier sarcophage, bâti à la hâte en 1986. Il menaçait de s’effondrer depuis des années. Mais sous le nouveau confinement, Tchernobyl ne dort toujours pas. Iryna Golovko est une militante écologiste ukrainienne. Jointe par téléphone, elle explique que le démantèlement du réacteur et le traitement des déchets nucléaires ne doivent pas attendre. Elle doute néanmoins de la volonté politique.

Iryna Golovko: Le démantèlement, ça veut dire des infrastructures complémentaires à ce qui existe aujourd’hui. Il n’y a pas eu beaucoup de préparations pour permettre le début de ce démantèlement. Il y a beaucoup de points d’ombres sur le budget, sur les plans, sur les délais, sur le maître d’oeuvre… 

Novarka a jusqu’à novembre 2017 pour préparer l’arche aux travaux de démantèlement. Reste à savoir ce que la communauté internationale voudra faire de Tchernobyl, maintenant que le réacteur n’est plus visible.

Ecouter le reportage ici

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