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La Libre Belgique: Une contrebande où « tout le monde est complice » en Ukraine

Ceci est la version longue d’un article publié dans La Libre Belgique, le 19/09/2015

“Trois cartons de Marlboro rouge.” Le visage de la vendeuse, impassible, disparait de la petite lucarne de son kiosque, dans le centre d’Oujgorod. Quelques secondes à peine, et trois blocs emballés apparaissent. Au prix de 22 hryvnias par paquet de cigarettes, le calcul est vite fait: 3×220 = 660 hryvnias, soit un peu plus de 26 euros. Oreste X., jeune diplômé ukrainien, paie, fait disparaitre les cartons dans un sac en plastique, et poursuit son chemin. “Voilà, j’ai quelque chose comme 70 euros de bénéfice net dans ce sac!”

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“Il faut faire des achats de gros pour que cela vaille le coup,” indique-t-il avec l’assurance d’un homme d’affaires. Demain, il fera le trajet en voiture vers Kosice, en Slovaquie, pour “un weekend en famille”. “Le paquet de Marlboro là-bas, c’est 3,40 euros. Alors les cigarettes d’ici, ça part comme des petits pains…” Selon la loi, Oreste ne peut emporter avec lui que deux petits paquets au-delà de la frontière. “Ca n’a jamais posé de problème: on connaît le douanier!” s’exclame-t-il, amusé.

Contrebande ou business? 

“Vous appelez cela de la contrebande, mais pour la plupart des gens en Transcarpatie, c’est du business,” avance Mikhaylo Katchour, économiste et député au Parlement régional. “Après avoir été rattachée à l’URSS en 1946, la Transcarpatie est devenue une région de sous-traitance pour les centres industriels de l’Union. Quand celle-ci s’est disloquée en 1991, le tissu industriel n’y a pas résisté, et les usines de Transcarpatie se sont arrêtées. Aujourd’hui, il y a un peu d’activité autour du bois et de l’agriculture, mais pour le dire franchement, les seules richesses économiques qu’il y a en Transcarpatie, ce sont des bras, et la frontière.”

Les frontières, pour être plus exact. Région des confins ukrainiens, la Transcarpatie est limitrophe de la Roumanie, de la Hongrie, de la Slovaquie et de la Pologne. Les passages sont aisés, à travers les 13 postes-frontières officiels. A l’inverse, enclavée par la chaîne montagneuse des Carpates, la région est reliée au reste de l’Ukraine par deux seules routes praticables, et par des liaisons ferroviaires douloureusement lentes. “Personne ici ne parle de séparatisme. La Transcarpatie, c’est l’Ukraine. Mais il faut comprendre qu’à travers l’histoire, la géographie, nos minorités nationales, nous sommes très proches de l’Europe,” poursuit Mikhaylo Katchour. “Les business transfrontaliers, légaux ou non, sont donc très importants ici”. Le long de la route Rakhiv-Moukachevo, qui longe la frontière roumaine, des villas aux dimensions démesurées témoignent d’activités lucratives, bien au-delà de la moyenne des salaires locaux.

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Les migrations pendulaires sont intenses. Dans la petite ville frontalière de Tchop, la gare monumentale, construite comme une porte d’entrée de l’URSS à l’occasion des Jeux Olympiques de 1980, est toujours pleine d’une foule portant sacs et bagages. Dans le train qui franchit la rivière Tisza vers la ville hongroise de Záhony, les contrôles frontaliers sont sommaires. Nombreux sont ceux qui possèdent passeports ukrainiens et hongrois. Interdit par la loi, cette pratique est de fait largement tolérée. Et elle permet d’expédier les formalités.

“Il suffit d’appeler en avance, pour savoir si le douanier avec lequel on a un arrangement est en poste à ce moment-là, et n’importe quel barda peut passer comme une lettre à la poste!,” affirme le politologue et militant civique Pavlo Homonaj. Selon FRONTEX, l’agence de contrôle des frontières de l’Union européenne, seuls 3,4% de la contrebande transitant par Záhony en 2014 auraient été détectés, et sanctionnés.

Un système bien huilé

Fin observateur de la région, Pavlo Homonaj est visiblement amusé par cette “petite contrebande, une conséquence naturelle de la morphologie de la région”. “Le problème, c’est la contrebande mafieuse, à l’échelle industrielle. Celle qui a animé les guerres de gang dans les années 1990, celle qui a provoqué une fusillade en plein centre-ville de Moukachevo, le 11 juillet”. Ce jour-là, une rencontre entre des militants du mouvement ultra-nationaliste Praviy Sektor et un député national, Mikhaylo Lanjo, dégénère en échanges meurtriers, causant trois morts, sept blessés, et un esclandre national.

“Il y a plusieurs secteurs de contrebande par ici,” résume Pavlo Homonaj. Tout d’abord, le trafic de cigarettes, majoritairement contrôlé par Viktor Baloha. Lui et son clan sont incontournables dans la région. Au fil des années, ils ont cherché à se légitimer, notamment en entrant en politique. Mikhaylo Lanjo est lui à la tête d’une structure mafieuse bien plus traditionnelle: il contrôle au moins cinq usines pharmaceutiques dans la région, et gère la contrebande de médicaments et drogues. En parallèle, il existe des trafics d’alcool, de migrants, d’essence, d’armes et autres, mais c’est moins important.”

“Ces groupes bien organisés peuvent acheminer des quantités énormes de cigarettes vers l’Ouest, où les différences de prix sont bien plus fortes,” estime le député et ancien journaliste Moustafa Naiiem. Si un camion atteint l’Allemagne, c’est une cargaison qui peut rapporter au moins 450.000 euros.” Une activité lucrative, qui attire aventuriers et groupes armés.

Praviy Sektor comme franchise

Dans ce contexte, l’apparition de bataillons de volontaires armés, dans le cadre de la guerre hybride du Donbass, a permis à de nombreux contrebandiers de développer leurs activités sous la bannière d’un patriotisme revendicateur. “Praviy Sektor, en l’occurence, a été utilisé comme une franchise pour de nombreux criminels,” avance Moustafa Naiiem, qui a suivi l’affaire de près. Lui tient néanmoins à confirmer son “profond respect pour l’organisation et pour son chef, Dmytro Iarosh”. Après la fusillade du 11 juillet, ce dernier s’est pourtant attiré de nombreuses critiques, en appelant à protester contre le gouvernement, afin de défendre ses hommes.

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Parmi ses hommes, certains étaient pourtant des criminels avérés. L’attention médiatique s’était concentrée sur le commandant Roman Stoiko. Ancien policier, il avait fait sensation en 2013, après être tombé d’un deltaplane surchargé de cigarettes, à destination de la Slovaquie. Haut placé dans la hiérarchie de Praviy Sektor dès 2014, il a été l’un des acteurs de la fusillade du 11 juillet. Après avoir usé d’armes à feu dans les rues de Moukachevo, il avait pris le maquis. Dans une vidéo tournée dans les montagnes où il avait trouvé refuge, il se présentait comme “plus patriote que le gouvernement, victime d’une manipulation.”

Décrié par les autorités, en disgrâce dans l’opinion publique, Praviy Sektor a accusé le coup de cette mésaventure sanglante. Son antenne en Transcarpatie a été fermée d’autorité. Le chef local de Praviy Sektor, Oleksandr Satchko, entretient néanmoins une organisation de jeunesse et “espère une amélioration prochaine de l’environnement politique ». Les déclarations d’Oleksandr Satchko, de même que les menaces de Dmytro Iarosh, alimentent les craintes d’un retournement violent de Praviy Sektor et autres mouvements nationalistes contre le gouvernement de Kiev. Une crainte renforcée par les affrontements du 31 août aux abords de la Verkhovna Rada (Parlement), à Kiev.

Au-delà de la politique, la guerre des gangs

Les projecteurs médiatiques portés sur l’implication du mouvement ultra-nationaliste ne doivent néanmoins pas faire oublier qu’il souffre d’un désamour dramatique de l’opinion publique. Que ce soient les dernières élections ou les récentes manifestations anti-gouvernementales, tout indique que le soutien populaire de Praviy Sektor, et autres mouvements nationalistes, radicaux et extrémistes, est faible. Si ces groupes jouissent d’une image de défenseurs guerriers de la patrie, sur le Maïdan comme sur le front de l’est, leur poids en tant que force politique est tout à fait négligeable.

L’attention médiatique accordée à Praviy Sektor dans le cadre du drame du 11 juillet ne peut non plus faire oublier la raison première de la fusillade. A savoir: une guerre de gangs pour le contrôle de réseaux de contrebande.

Selon des sources concordantes, l’antenne de Praviy Sektor en Transcarpatie était ouvertement financée par Viktor Baloha, sous couvert d’un mécénat patriote. Les militants avaient reçu l’aval de ce dernier pour faire pression sur Mikhaylo Lanjo. Celui-ci aurait non seulement pris trop d’ampleur sur le marché local, mais aurait aussi floué les contrebandiers de Praviy Sektor dans plus d’une affaire. “Je ne pense pas que les violences étaient prévues à l’avance. Mais certainement, les éléments d’une escalade étaient bel et bien réunis,” commente l’expert Pavlo Homonaj.

Une complicité « totale » des autorités d’Etat

“La guerre des clans, c’est un phénomène inquiétant. Mais ce que la fusillade du 11 juillet a dévoilé, c’est une réalité que ce gouvernement soi-disant réformateur ne peut plus ignorer: la complicité totale des autorités d’Etat,” assène un expert en sécurité à Oujgorod. Arrivé de Kiev pendant l’été, il entend protéger son anonymat afin de garantir l’efficacité de son travail. Le 11 juillet, les forces de police étaient prévenues à l’avance de la rencontre entre Praviy Sektor et Mikhaylo Lanjo. Plusieurs unités se tenaient aux abords du club “Antarés”, où a éclaté la fusillade. “Elles sont intervenues très tard, car elles n’étaient pas préparées à une telle situation. Ces policiers n’étaient pas là en tant que policiers. Ils étaient là comme associés de contrebandiers, “en observation”. Ils attendaient les nouvelles lignes directrices qui allaient découler de cette rencontre…”

“Il serait naïf d’imaginer qu’une économie comme celle-ci peut prospérer de la sorte sans le soutien au moins tacite de la police, des gardes-frontières, des douanes, des services secrets, et autres,” explique un journaliste à Moukachevo, lui aussi sous couvert d’anonymat. “Dmytro Iarosh a beau jeu de se défendre de toute entreprise criminelle. Mais il est l’ami personnel de Valentyn Nalyvaichenko, l’ancien patron des services secrets (SBU). Ici en Transcarpatie, tout le monde sait que Volodymyr Heletey, chef du SBU régional jusqu’en juillet, est le protégé de Viktor Baloha. Quand on sait que ce dernier a généreusement financé Praviy Sektor, on voit que tout est lié…” Lui préfère ne pas dévoiler son nom: “Moukachevo, c’est la ville natale de Viktor Baloha. C’est la capitale officieuse de Transcarpatie, mais c’est petit, tout le monde se connait…”

Le maire de Moukachevo, Zoltan Lengyel, n’a lui pas peur de le dire à voix haute: “Tout le monde est complice. Il y a trois ans, on a découvert un tunnel souterrain qui partait d’Oujgorod jusqu’en Slovaquie! Des chariots y transportaient d’énormes quantités de cigarettes et autres. Mais pour ce que j’en sais, personne n’a encore été puni. Je ne sais pas qui protège qui, si c’est le SBU ou autre. Mais l’affaire a été soigneusement étouffée”.

Sous-entendu: l’affaire des violences de Moukachevo le sera aussi. D’ailleurs, ni Viktor Baloha, ni Mikhaylo Lanjo n’ont été inquiétés par la police. Et quant aux contrebandiers portant les insignes de Praviy Sektor, “cela fait longtemps qu’ils ont été évacués des montagnes, probablement sous escorte policière,” assure l’expert de sécurité à Oujgorod. “Selon toute probabilité, ils sont aujourd’hui cachés dans l’est de l’Ukraine. Ils ne seront jamais arrêtés.”

“Il faut se représenter l’ampleur du trafic,” résume Pavlo Homonaj. “Auparavant, la contrebande provenait de Transnistrie, cette république sécessionniste sur le flanc de la Moldavie. Vous vous imaginez le réseau de complicités qu’il fallait pour arriver jusqu’aux frontières européennes, et au-delà!” A cause de la guerre hybride du Donbass, le dispositif militaire s’est renforcé sur le pourtour de la Transnistrie pro-russe. Cette route aurait ainsi été interrompue. “Aujourd’hui, le trafic est alimenté par une usine de production de cigarettes près de Lviv. En parallèle de la production légale, ils produisent ‘quelques’ cigarettes supplémentaires, qu’ils n’estampillent pas… Elles sont acheminées par la route, et ensuite expédiées par deltaplane, cerf-volant ou autre…,” ironise l’expert.

De nouveaux dirigeants pour un nouveau système? 

Ce système bien huilé aurait été perturbé par la fusillade du 11 juillet. A en croire le Président Petro Porochenko, il a immédiatement initié “une lutte nationale contre la contrebande”. La majorité des hauts fonctionnaires locaux ont été renvoyés avec une rapidité peu commune à l’administration ukrainienne. Le gouverneur de région a cédé sa place au charismatique Hennadiy Moskal, dès le 15 juillet. Ancien gouverneur de Transcarpatie (2001-02), celui-ci était alors en poste dans l’oblast divisé de Louhansk. Il y était réputé pour une certaine stabilisation de la situation et ses mesures contre la contrebande entre territoires ukrainiens et séparatistes.

Avec la prise de fonction du gouverneur se sont multipliées les annonces de saisies de cigarettes et d’enquêtes. Moins de deux mois plus tard, dans les vastes locaux de l’administration régionale, Hennadiy Moskal paraît néanmoins prudent, voire résigné. “Ma mission se décline en trois priorités: restaurer la verticale du pouvoir, lutter contre la contrebande, et rassurer la population.”

A-t-il réussi à stopper les trafics, comme il s’en était vanté dans la région de Louhansk? “Ici, la question ne se pose pas comme cela: nous n’avons pas des terroristes pro-russes en face de nous! Il faut comprendre que cette contrebande est le résultat d’une demande très forte de cigarettes bon marché dans les pays de l’UE. Si vous voulez stopper ces trafics, il faut arrêter d’acheter ces produits. Et rien ne serait possible sans la participation des gardes-frontière hongrois, slovaques, polonais…” Les voisins européens sont d’ailleurs pointés du doigt pour entretenir une subtile sorte de contrebande vers l’Ukraine, allant de l’immatriculation de voitures bon marché aux trafics d’électroménager ou de quelques denrées alimentaires rares en Ukraine.

Après le scandale du 11 juillet, on a procédé à certaines arrestations et remplacements de personnel au cours de l’été, côté européen comme côté ukrainien. “Mais ce n’est pas cela qui peut changer la situation,” précise Moustafa Naiiem. De sa propre initiative, en tant que député, il a entrepris d’encadrer la formation d’une nouvelle police, mieux formée, mieux équipée, mieux payée. “Pendant 24 ans, Kiev ne s’est pas soucié de cette région. On en voit les résultats aujourd’hui, il est temps de changer cela.”

De fait, depuis l’indépendance du pays en 1991, la politique d’Etat du pouvoir central n’a que peu englobé des régions périphériques tels que la Transcarpatie, la Bukovine ou encore la Crimée, et s’est contenté de déléguer des compétences conséquentes à certains groupes d’élites locales. En échange de leur loyauté à l’exécutif en place à Kiev, ces groupes se voyaient octroyer toute latitude dans la gestion des affaires locales. En Transcarpatie, il était ainsi admis que Kiev avait “loué” la région au clan de Viktor Baloha, selon une expression d’un journaliste du média en ligne “Oukrainska Pravda”.

Contrebande: la combattre? ou la contrôler? 

Affirmer l’autorité d’un pouvoir central paraît néanmoins complexe. A la différence des nouvelles unités déjà déployées à Kiev, Lviv ou Odessa, la police de Moustafa Naiiem ne dispose d’aucun budget, n’aura que des prérogatives réduites, et un soutien limité. “Ils n’auront pas d’armes, pas d’autorité. Ils vont juste faire la circulation sur la route entre Oujgorod et Moukachevo,” lance, l’air blasé, Hennadiy Moskal. “Depuis la Révolution, il n’y a pas eu de réforme du Ministère de l’intérieur ou de la Justice. Ceux qui vous assurent qu’il y a eu des changements vous mentent. Et pour compenser, ils offrent au peuple cette nouvelle police, qui ne sert à rien, mais qui fait plaisir à tout le monde. Quand on a un cancer, on n’essaie pas de s’acheter un nouveau bras ou une nouvelle jambe. Il faut lutter directement contre la tumeur!”

“Moskal, c’est un homme de la vieille école. Mais il est probablement un des meilleurs de sa classe!,” lance Pavlo Homonaj. “Quand il était gouverneur et chef de la police ici, il y a quelques années, il avait réussi à stopper la production illicite de vodka. Il peut produire des résultats.” “Certes. Mais ce n’est pas lui qui viendra à bout de la contrebande,” contredit l’expert en sécurité, à Oujgorod. “Selon mes informations, il en est l’un des bénéficiaires directs, même si rien n’est prouvé.”

“Hennadiy Moskal n’a pas été nommé ici pour lutter contre la contrebande, mais pour en contrôler les flux et les rediriger des clans locaux vers Kiev,” poursuit-il. D’une certaine manière, c’était la même logique quand Mikheil Saakachvili a été nommé gouverneur d’Odessa. Ce dernier rue un peu dans les brancards aujourd’hui. Mais c’est bien de cela dont il s’agit: retirer le contrôle de la contrebande des mains des clans locaux, au profit du pouvoir central.” “Sans oublier qu’ici, Hennadiy Moskal a aussi pour mission de préparer le terrain des élections locales du 25 octobre, et empêcher que l’équipe de Viktor Baloha ne remporte trop de municipalités.”

En Transcarpatie, personne ne semble convaincu qu’il est possible d’éradiquer la contrebande. Ce qui pose une question essentielle: la région pourrait-elle survivre sans ces trafics illégaux? “Oui, bien sûr,” s’enflamme l’économiste Mikhaylo Katchour. “Toute activité illégale est un parasite de l’économie réelle. Il existe des industries très performantes en Transcarpatie. Mais rendez-vous compte: elles n’arrivent pas à recruter des employés! Les gens sont plus intéressés par des petits trafics ici ou là, qui rapportent bien plus qu’un salaire moyen.” Avant d’ajouter avec malice: “la répression, ça ne marche pas sur le long-terme. Alors que si l’on parvenait à libéraliser le régime de visa et à encadrer le commerce transfrontalier… Il faut donner à la Transcarpatie les moyens de se développer.”

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