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RTS: L’évacuation de Debaltseve continue lentement

Reportage diffusé dans le journal de 12h30, sur la Radio & Télévision Suisse, le 07/02/2015

La bataille fait rage pour le contrôle de la ville de Debaltseve, une gare de triage importante et un carrefour stratégique dans l’est de l’Ukraine. Hier vendredi, une trêve a brièvement permis l’évacuation de centaines de personnes. Cela fait dix jours que l’évacuation se poursuit au compte-goutte, dans de petits autobus, dans le vacarme de l’artillerie. 

Sébastien Gobert a accompagné un de ces bus, et a suivi le périple de ces exilés. 

Vue d'un bus de réfugiés, le 04/02/2015
Vue d’un bus de réfugiés, le 04/02/2015

Quand les autobus d’évacuation se garent devant la mairie de Debaltseve, une file de personnes s’élance du bâtiment en ruines. Munis de sacs en plastique et de petites sacoches pour seuls bagages, les candidats au départ forment un cortège de misère.

Dans le vacarme de l’artillerie, assistés tant bien que mal par des volontaires et des soldats ukrainiens, l’arme en bandoulière, ils prennent place dans les véhicules.

La famille d’Iliana Igorivna est partie depuis longtemps. Elle est restée en espérant que la situation se calme. Mais aujourd’hui, elle n’y tenait plus.

Iliana Igorivna: Comment on a survécu? Sous terre, c’est tout. Les connections téléphones sont coupées, plus rien ne passe, il n’y a plus d’électricité, plus d’eau. Juste des lanternes… C’est trop. l’obscurité, les bombardements, je n’ai plus la force. 

Sa ville natale, Debaltseve, n’est plus qu’une ville fantôme. Position stratégique très contestée par les belligérants de la guerre du Donbass, elle subit depuis des semaines un déluge de feu quotidien, et meurtrier.

Plusieurs centaines de personnes sont parties. Mais malgré les dangers, plusieurs milliers de personnes préfèrent rester sur place, et vivre terrés sous terre, dans un dénuement extrême. Hennadiy Vassilievitch regarde au loin les autobus se remplir. Pour lui, il est hors de question d’aller nulle part. Et pourtant, il a sous le bras un paquet de couches.

Hennadiy Vassilievitch: Je viens juste d’acheter des Pampers, nous avons un bébé d’un mois… On vit en sous-sol. On cuisine, on s’éclaire à la lanterne, on s’assoit et on attend; Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre? Et où est-ce qu’on pourrait aller? Sans argent, sans rien…

Dans l’autobus qui emmène les nouveaux exilés vers le nord, en territoire ukrainien l’ambiance est tendue. Tous ont peur pour leur avenir. mais au moins, ils dormiront ce soir dans des espaces chauffés, et loin du vacarme de l’artillerie. Comme ils le disent, le retour du silence vaut bien un exil vers l’inconnu.

Ecouter le reportage ici

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