Politique Société Ukraine

France Inter: Protestations contre la violence policière en Ukraine

Reportage diffusé dans l’émission « Ailleurs » sur France Inter, le 02/10/2013

Tetiana Mazur, directrice d’Amnesty International Ukraine : Je suis convaincue que ces policiers ont violé cette femme parce qu’ils étaient sûrs qu’ils pouvaient le faire sans être inquiétés pour autant.

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La tension est palpable en Ukraine depuis la fin juin. Les agresseurs de la jeune victime Iryna Krashkova, avaient bénéficié d’une protection injustifiée pendant les premiers temps de l’affaire Vradiivka. Cela avait été l’élément déclencheur d’une vague de protestations citoyennes contre l’impunité policière en général. Dans plusieurs villes du pays, des émeutes avaient éclaté, des groupes d’habitants avaient pris d’assaut des commissariats de police, pour demander des comptes aux forces de l’ordre.

Vasyl Lyubarets est l’un des coordinateurs du mouvement « De Vradiivka au pays de l’amour ». Il a voulu organiser une marche citoyenne à travers le pays, qui devait rassembler plusieurs milliers de personnes. Finalement, la marche a été annulée pour raisons logistiques, mais il n’en démord pas et promet de nouvelles actions.

Vasyl: Notre mouvement n’est pas basé que sur la seule situation de Vradiivka. Nous visons le gouvernement. Parce que ce gouvernement a trahi la Constitution !

Ce qu’il demande, c’est ni plus, ni moins, que la démission du très autoritaire Président Victor Ianoukovitch, très critiqué par l’opposition.

Serhiy Kaplin est l’un de ces opposants, député au sein du parti « Oudar », qui veut dire « coup de poing » en ukrainien. Pour lui, Vradiivka a déclenché un mouvement qui ne s’arrêtera pas, contre la dérive sécuritaire de l’Ukraine : 

Serhiy: Le mouvement de la marche de Vradiivka, ça dénonce un système. Le ministère de l’intérieur a plus de 1 milliard et demi d’euros par an de budget. Pour notre pays, c’est énorme. Il y a plus de 100.000 policiers et militaires dans ce pays, c’est un des plus gros contingents d’Europe. On a pas besoin de tout ça.

Le ministère de l’intérieur ne souhaite pas faire de commentaires. Le procès des violeurs de Vradiivka vient de commencer, le 26 septembre, et on indique qu’il faut faire confiance au système judiciaire.

Mais pour de nombreux observateurs, ni ce procès, ni une marche citoyenne, ni la démission très improbable de Victor Ianoukovitch ne peuvent changer quoi que ce soit. Les forces de l’ordre sont sous-payées et donc relativement faciles à corrompre, et elles bénéficient d’une impunité qui n’a pas été remise en cause jusqu’ici.

Tetiana Mazur: Seule une réforme complexe, en profondeur, de la police, pourrait changer la situation. Ca veut dire moins de policiers, mieux formés, mieux payés, et surtout responsables !

En novembre devrait être signé un accord d’association ambitieux avec l’Union européenne, qui devrait instaurer un certain nombre de mécanismes de contrôle dans le système judiciaire et en finir avec l’impunité des forces de l’ordre. Mais il faudra bien plus que des avancées législatives pour panser les plaies de l’affaire Vradiivka, et de ce qu’elle représente.

Tetiana Mazur, directrice d’Amnesty International Ukraine :

Je suis convaincue que ces policiers ont violé cette femme parce qu’ils étaient sûrs qu’ils pouvaient le faire sans être inquiétés pour autant.

La tension est palpable en Ukraine depuis la fin juin. Les agresseurs de la jeune victime Iryna Krashkova, avaient bénéficié d’une protection injustifiée pendant les premiers temps de l’affaire Vradiivka. Cela avait été l’élément déclencheur d’une vague de protestations citoyennes contre l’impunité policière en général. Dans plusieurs villes du pays, des émeutes avaient éclaté, des groupes d’habitants avaient pris d’assaut des commissariats de police, pour demander des comptes aux forces de l’ordre.

Vasyl Lyubarets est l’un des coordinateurs du mouvement « De Vradiivka au pays de l’amour ». Il a voulu organiser une marche citoyenne à travers le pays, qui devait rassembler plusieurs milliers de personnes. Finalement, la marche a été annulée pour raisons logistiques, mais il n’en démord pas et promet de nouvelles actions :

Notre mouvement n’est pas basé que sur la seule situation de Vradiivka. Nous visons le gouvernement. Parce que ce gouvernement a trahi la Constitution !

 

Ce qu’il demande, c’est ni plus, ni moins, que la démission du très autoritaire Président Victor Ianoukovitch, très critiqué par l’opposition.

Serhiy Kaplin est l’un de ces opposants, député au sein du parti « Oudar », qui veut dire « coup de poing » en ukrainien. Pour lui, Vradiivka a déclenché un mouvement qui ne s’arrêtera pas, contre la dérive sécuritaire de l’Ukraine : 

Le mouvement de la marche de Vradiivka, ça dénonce un système. Le ministère de l’intérieur a plus de 1 milliard et demi d’euros par an de budget. Pour notre pays, c’est énorme. Il y a plus de 100.000 policiers et militaires dans ce pays, c’est un des plus gros contingents d’Europe. On a pas besoin de tout ça.

 

Le ministère de l’intérieur ne souhaite pas faire de commentaires. Le procès des violeurs de Vradiivka vient de commencer, le 26 septembre, et on indique qu’il faut faire confiance au système judiciaire.

Mais pour de nombreux observateurs, ni ce procès, ni une marche citoyenne, ni la démission très improbable de Victor Ianoukovitch ne peuvent changer quoi que ce soit. Les forces de l’ordre sont sous-payées et donc relativement faciles à corrompre, et elles bénéficient d’une impunité qui n’a pas été remise en cause jusqu’ici.

Tetiana Mazur, directrice d’Amnesty International en Ukraine : 

Seule une réforme complexe, en profondeur, de la police, pourrait changer la situation. Ca veut dire moins de policiers, mieux formés, mieux payés, et surtout responsables !

 

En novembre devrait être signé un accord d’association ambitieux avec l’Union européenne, qui devrait instaurer un certain nombre de mécanismes de contrôle dans le système judiciaire et en finir avec l’impunité des forces de l’ordre. Mais il faudra bien plus que des avancées législatives pour panser les plaies de l’affaire Vradiivka, et de ce qu’elle représente.

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